Il y a toujours ce couple, sur une terrasse de bord de mer, un soir de juillet. Elle rit trop fort en racontant une histoire qu'il connaît par cœur depuis vingt ans. Lui la regarde comme s'il l'entendait pour la première fois. On les observe, on les envie un peu, on se dit qu'ils ont eu de la chance.
Ce qu'on ne voit pas, c'est tout le reste. Les nuits sans sommeil à cause d'un enfant malade. Les silences après une dispute qui laisse un mauvais goût pendant deux jours. Les moments où l'un des deux a douté de tout. On juge un couple sur une photo, sans connaître toute l'histoire derrière.
Il y a quelques années, ce même couple a peut-être failli se séparer. Un déménagement mal vécu, une promotion refusée qui a mis l'un des deux de mauvaise humeur pendant des mois, une période où ils se croisaient plus qu'ils ne se parlaient vraiment. Personne, en les voyant rire ce soir-là sur la terrasse, ne devinerait qu'ils sont passés si près de tout arrêter. C'est justement ça qui est intéressant : la solidité qu'on admire aujourd'hui a souvent été construite dans une période qu'on n'aurait jamais imaginée en les regardant de l'extérieur.
Les couples qui durent ne sont pas des miracles. Ce sont des gens normaux, avec leurs mauvais jours et leurs bons jours, comme tout le monde.
Il y a sûrement, dans la famille ou parmi les amis, un couple comme celui-ci. Un couple dont on se dit, sans trop savoir pourquoi, qu'il tiendra toujours. On pourrait croire que c'est une question de chance, de bonne étoile, ou même de destin. En réalité, c'est presque toujours autre chose, quelque chose de beaucoup plus simple et de beaucoup plus accessible qu'on ne le pense.
On les envie souvent sans connaître leur histoire
Ce qui est frappant, quand on prend le temps d'écouter ces couples, c'est que leur histoire ressemble à celle de tout le monde. Pas de secret magique. Pas de formule spéciale. Juste des petites décisions, prises encore et encore, année après année.
On croise ce genre de couples partout, au marché, dans une salle d'attente, en vacances. Ils ne cherchent pas à se faire remarquer. Et pourtant on sent chez eux quelque chose de simple et de fort à la fois.
Ce n'est jamais la chance qui explique qu'un couple dure. C'est le fait de refaire, encore et encore, le même choix : rester ensemble.
Les histoires qui durent ne sont pas des histoires parfaites
On nous a appris à croire que l'amour qui dure est un amour sans problème. Deux personnes faites l'une pour l'autre, qui ne se disputent jamais. C'est beau dans les films. Dans la vraie vie, ça n'existe presque jamais.
Les couples qui tiennent sont souvent ceux qui se sont vus au pire. Fatigués. Énervés. Injustes, parfois, en pleine dispute, en disant des choses qu'ils regrettent après. Ils ont eu des périodes où ils ne se reconnaissaient plus, où ils se sont demandé, chacun de leur côté, s'ils avaient fait le bon choix. Et ils sont restés. Pas par habitude. Pas parce que c'était plus simple. Ils sont restés parce qu'ils ont voulu rester.
On tombe amoureux en quelques mois. On construit un amour pendant des années. Au début, l'amour ne demande aucun effort. Il arrive tout seul, il éblouit, il se nourrit de la nouveauté. Après, c'est différent. Il faut accepter les défauts de l'autre sans lui en vouloir sans arrêt. Il faut accepter que la personne qu'on aime aujourd'hui ne sera plus tout à fait la même dans dix ans, et continuer à l'aimer quand même.
C'est ce travail, invisible, que personne ne voit de l'extérieur, qui fait la différence entre une relation qui dure et une simple belle rencontre. Personne ne félicite un couple qui a traversé une mauvaise période et qui s'en est sorti plus fort. C'est pourtant ça qui construit, petit à petit, ce qu'on voit de l'extérieur comme une évidence.
Il faut aussi arrêter de croire qu'un amour qui dure est un amour sans dispute. C'est même l'inverse. Les couples solides ne sont pas ceux qui évitent les désaccords. Ce sont ceux qui ont appris à se disputer sans se faire du mal.
Beaucoup de couples racontent avoir vécu au moins une fois une vraie crise, un moment où ils se sont demandé sérieusement s'ils allaient continuer ensemble. Une infidélité, une grosse trahison de confiance, une période où l'un des deux s'est complètement replié sur lui-même. Ce qui distingue les couples qui s'en sortent, ce n'est pas d'avoir évité la crise. C'est d'avoir accepté d'en parler vraiment, sans se mentir, même quand la vérité était difficile à entendre.
Certains couples racontent aussi une autre forme de crise, plus silencieuse, presque invisible de l'extérieur : celle de l'éloignement progressif, sans grand drame, juste deux personnes qui finissent par vivre côte à côte sans plus vraiment se voir. C'est souvent le genre de crise le plus difficile à identifier, parce qu'il n'y a pas de moment précis où tout bascule. Un jour, on se rend compte qu'on ne sait plus vraiment ce que l'autre pense, ou ressent, ou espère pour la suite. Les couples qui remontent la pente après ce type de période disent presque toujours la même chose : il a fallu une décision consciente de se reparler, vraiment, sans attendre que ça s'arrange tout seul.
Le quotidien n'abîme pas l'amour, il le met à l'épreuve
On dit souvent que la routine tue l'amour. C'est faux, ou en tout cas ce n'est pas exact. Ce n'est pas la routine qui abîme un couple, c'est l'oubli. Oublier de vraiment regarder l'autre. Oublier de demander comment il va, au-delà du "ça va, et toi" qu'on dit sans vraiment écouter la réponse.
Il y a ce couple ensemble depuis vingt ans, qui prépare toujours le café de l'autre le matin, sans un mot, sans même y penser. Ce geste tout simple, répété des milliers de fois, dit plus qu'une grande déclaration d'amour. Il y a cette femme qui glisse un petit mot dans la poche du manteau de son mari avant chaque voyage professionnel, une habitude commencée il y a quinze ans et jamais arrêtée.
Le quotidien n'est pas l'ennemi de l'amour. C'est là que tout se joue vraiment. Certains couples s'y perdent, faute d'attention l'un pour l'autre. D'autres y trouvent, sans même le chercher, une complicité que rien d'autre ne peut donner.
Ce qui abîme vraiment un couple, ce n'est presque jamais une grande trahison, plutôt rare en réalité. Ce sont les petites choses négligées, les "on en parlera plus tard" jamais tenus, les non-dits qui s'accumulent jusqu'à devenir un mur entre les deux.
Il faut aussi parler de la charge mentale, ce poids qu'on sous-estime toujours. Ce n'est pas le manque d'amour qui éloigne deux personnes, c'est parfois simplement la fatigue. Celui ou celle qui gère seul les rendez-vous médicaux des enfants, les anniversaires à ne pas oublier, les courses qui manquent, finit par être épuisé sans que l'autre s'en rende toujours compte. Les couples qui durent sont souvent ceux qui ont fini par en parler ouvertement, et par mieux se partager ces tâches.
Le corps change aussi avec le temps, la fatigue s'installe, les priorités ne sont plus les mêmes. Un couple qui est ensemble depuis vingt ans n'a plus la même énergie qu'au premier rendez-vous. Ce n'est pas grave. Ce qui compte, ce n'est pas de retrouver l'énergie du début à tout prix, mais de trouver un nouvel équilibre. Certains couples s'épuisent à vouloir revivre ce qu'ils ont connu à vingt-cinq ans. D'autres acceptent simplement que l'amour à cinquante ans n'a pas besoin de ressembler à l'amour de leurs vingt ans pour être tout aussi vrai.
Le rire compte aussi beaucoup plus qu'on ne le pense. Les couples qui traversent les périodes difficiles sans se casser sont presque toujours ceux qui ont gardé une capacité à rire ensemble, même dans les moments tendus. C'est une soupape. Une façon d'évacuer une tension avant qu'elle ne devienne un vrai problème.
Il y a aussi une chose que beaucoup de couples redécouvrent avec le temps : dire merci. Pas pour les grandes choses, celles-là, on pense généralement à les remercier. Mais pour les petites, celles qu'on finit par ne plus voir tellement elles sont devenues normales. Merci d'avoir sorti les poubelles sans qu'on le demande. Merci d'avoir pensé à prendre du pain. Merci d'être resté éveillé pour écouter une mauvaise journée au travail. Ces petits mercis, répétés, rappellent à l'autre qu'il compte, même dans les gestes les plus banals.
Ce n'est pas qu'une impression. Le psychologue américain John Gottman, qui a passé plus de quarante ans à observer des couples dans son laboratoire de l'université de Washington, a montré que les relations les plus stables affichent un certain équilibre entre les échanges positifs et négatifs du quotidien : environ cinq marques d'attention pour chaque friction. Rien à voir avec de grandes preuves d'amour. Ce sont ces petits gestes répétés, ce fameux merci, ce compliment glissé en passant, qui font pencher la balance du bon côté.
On oublie souvent qu'un couple, c'est aussi une équipe face à la vie. Payer les factures, gérer les imprévus, s'occuper d'un parent malade, affronter une mauvaise passe financière. Ce ne sont pas des sujets romantiques, mais c'est là aussi que se joue la solidité d'une relation. Les couples qui traversent ces épreuves en se sentant soutenus, plutôt que jugés ou seuls, en ressortent presque toujours plus proches. À l'inverse, un couple où chacun affronte ses problèmes de son côté, sans jamais vraiment s'appuyer sur l'autre, finit souvent par se transformer en simple colocation, même si l'amour n'a pas complètement disparu.
Il y a aussi ce moment particulier, dans beaucoup de couples, où l'un des deux traverse une remise en question professionnelle ou personnelle. Un burn-out, une reconversion, une perte de confiance en soi après un échec. La façon dont l'autre réagit dans ces moments-là compte énormément. Certains couples se resserrent autour de cette difficulté, l'un portant temporairement un peu plus que l'autre, en sachant que les rôles s'inverseront peut-être un jour. D'autres se fissurent, parce que l'un attendait de l'autre une force qu'il n'avait plus à donner sur le moment. La différence ne tient pas à la gravité de l'épreuve, mais à la capacité du couple à ajuster ses attentes quand l'un des deux traverse une mauvaise période.
Les plus beaux souvenirs naissent rarement des grandes occasions
On pense qu'il faut un voyage de rêve, une bague hors de prix, une date parfaite pour créer un souvenir marquant. Curieusement, ce n'est presque jamais ce genre de moment qui revient en premier quand on demande aux couples heureux leurs plus beaux souvenirs.
Ce sont des vacances improvisées, sans réservation, où l'on a fini par dormir dans la voiture faute de mieux. Une baignade de nuit en plein mois d'août, l'eau encore chaude du soleil de la journée. Un repas complètement raté, brûlé, mangé quand même en riant, qui devient une blague entre eux pour toujours. Une panne de voiture au milieu de nulle part, un jour de grosse chaleur, qui devient avec le temps l'un des meilleurs souvenirs du couple, simplement parce qu'ils se sont retrouvés tous les deux, obligés d'attendre, à parler de tout et de rien.
L'été crée ce genre de souvenirs mieux que n'importe quelle autre saison. Le temps y passe plus lentement. Les journées sont plus longues. On a moins d'excuses pour ne pas être présent l'un pour l'autre.
Le temps ne change pas seulement les visages, il change aussi les histoires d'amour. Il les rend plus riches, chargées de tout ce qui s'est vécu ensemble. Un couple qui a quinze ans d'histoire commune ne regarde plus un coucher de soleil de la même façon qu'un couple qui débute. Il y a, sans qu'on y pense, tous les autres couchers de soleil déjà vus ensemble. Cette accumulation finit par créer entre eux des petites habitudes, des blagues, des regards qui veulent dire beaucoup sans un mot.
Il y a une vraie différence entre un souvenir qu'on garde seul et un souvenir qu'on partage. Le premier reste dans une seule mémoire, fragile, qui finit par s'effacer. Le second existe dans deux têtes à la fois, et se renforce chaque fois qu'on le raconte. C'est peut-être ça, un couple qui dure : deux personnes qui portent, à elles deux, plus de souvenirs communs que chacun n'en aurait eu tout seul.
Ces souvenirs ne naissent pas que dans la joie. Une nuit passée aux urgences avec un enfant qui a de la fièvre, un déménagement raté sous la pluie, une mauvaise nouvelle reçue ensemble dans un couloir d'hôpital. Sur le moment, rien d'agréable. Mais ces moments créent un lien particulier, celui d'avoir traversé quelque chose de dur ensemble, et d'en être sortis unis. Beaucoup de couples pensent, avec le recul, que ce sont justement ces épreuves partagées qui ont le plus soudé leur relation.
On pourrait croire que ces beaux souvenirs demandent du temps libre, de l'argent, une organisation particulière. En réalité, c'est souvent le contraire. Les couples qui ont le plus de souvenirs communs marquants ne sont pas ceux qui partent le plus loin ou le plus souvent. Ce sont ceux qui restent attentifs, prêts à transformer un moment banal en quelque chose de mémorable. Un dimanche pluvieux passé à cuisiner ensemble peut laisser plus de traces qu'un séjour de luxe où chacun reste sur son téléphone.
Il y a aussi ces souvenirs qu'on ne remarque même pas sur le moment, et qui deviennent précieux bien plus tard. Une conversation anodine dans une voiture, un fou rire pour une raison qu'on a fini par oublier, une chanson entendue à la radio qui devient, sans qu'on l'ait décidé, la chanson d'un été particulier. On ne choisit pas quels moments vont rester. Ils s'imposent d'eux-mêmes, souvent bien après coup, quand on réalise qu'on y repense encore des années plus tard.
L'été nous rappelle ce que nous oublions toute l'année
Le reste de l'année, on court partout. On répond aux mails en dînant, le téléphone posé à côté de l'assiette, prêt à sonner. Puis l'été arrive, et sans qu'on le décide vraiment, on se relâche.
On retrouve le temps de parler pour ne rien dire d'important, ce qui, souvent, est justement le plus important. On se souvient qu'on avait une vraie complicité avant d'avoir un quotidien à gérer à deux, avant les impôts, les enfants, les emplois du temps qui ne se croisent jamais. Certains couples redécouvrent, le temps de quelques semaines, la personne qu'ils avaient rencontrée au tout début.
Ce n'est pas un hasard si tant de couples se séparent l'été, mais aussi si tant d'autres se retrouvent. Cette saison met les couples face à eux-mêmes, sans les excuses habituelles. Sans le travail, sans les réunions qui s'enchaînent, il ne reste que deux personnes, et une seule question simple : ont-elles encore envie d'être ensemble quand plus rien ne les y oblige.
Il y a quelque chose de révélateur dans la façon dont un couple passe ses vacances. Certains découvrent, avec surprise, qu'ils s'entendent encore mieux sans la pression du quotidien. D'autres réalisent que le temps passé ensemble montre des distances qu'ils n'avaient pas vues venir, cachées jusque-là par l'agitation de tous les jours. Ni l'un ni l'autre de ces deux cas n'est un drame. Ce sont des signaux à écouter, pas à ignorer.
L'été agit un peu comme une loupe. Ce qui va bien va encore mieux. Ce qui n'allait pas se voit davantage, faute de pouvoir se cacher derrière l'agenda chargé.
Beaucoup de couples racontent la même chose : c'est souvent en vacances, loin de tout, qu'ils ont pris les décisions les plus importantes de leur vie commune. Sur une plage, un soir, on décide d'avoir un enfant. Pendant un road-trip improvisé, on décide de quitter la ville. Lors d'un dîner qui traîne tard, les pieds dans le sable, on trouve enfin le courage de dire ce qui pesait depuis des mois. L'été donne le courage que le reste de l'année ne donne pas.
Ce n'est pas non plus un hasard si tant de rencontres importantes ont lieu l'été. Cette saison nous rend plus détendus, plus ouverts, plus prêts à se livrer à quelqu'un sur une terrasse ou lors d'un mariage entre amis.
Même sans grand voyage, l'été change quelque chose. Un simple barbecue le soir, des enfants qui jouent dehors jusqu'à la tombée de la nuit, des glaces mangées sur un banc en rentrant du travail. Ces petits moments, sans enjeu, sans programme précis, remettent souvent un couple sur les mêmes rails que ceux du début, quand rien n'était encore une obligation et que tout était encore une envie.
Certains couples profitent aussi de l'été pour ralentir volontairement, même sans partir loin. Éteindre les notifications un week-end, se réserver une soirée sans écran, aller marcher sans destination précise juste pour le plaisir d'être dehors ensemble. Ce genre de pause, même courte, rappelle souvent à quel point la présence de l'autre suffit, sans qu'il soit nécessaire de la remplir d'activités.
L'intuition sait parfois ce que les mots n'osent pas dire
Il y a des moments où l'on sent que quelque chose ne va pas, avant même de pouvoir l'expliquer avec des mots. Un silence différent des autres silences. Un geste qui a disparu sans qu'on sache exactement quand. Une intuition, tenace, qui dit que quelque chose a changé, sans qu'on arrive à dire précisément quoi.
Beaucoup de personnes ignorent ce genre de signaux, faute de temps, ou par peur de ce qu'ils pourraient découvrir. On préfère parfois ne pas savoir, se dire que c'est une mauvaise période, que ça va s'arranger tout seul. Et parfois, ça s'arrange effectivement. Mais ignorer ces signaux, c'est souvent laisser une petite fissure s'agrandir tranquillement, jusqu'au jour où elle devient impossible à ignorer.
Il y a une différence entre l'intuition et l'inquiétude, même si les deux se ressemblent au début. L'inquiétude tourne en rond, invente des scénarios, ne se calme jamais vraiment. L'intuition, elle, est plus calme. Elle ne crie pas. Elle revient, doucement, jusqu'à ce qu'on l'écoute.
C'est souvent dans ces moments de doute qu'un regard extérieur, bienveillant, aide à mettre des mots sur ce qu'on ressent confusément depuis des semaines. Certains couples choisissent une consultation en voyance privée, en tête à tête, pour poser ces questions sans filtre. Un coach amour peut aussi aider à comprendre ce qui se passe vraiment dans une relation, quand les proches sont trop impliqués pour rester objectifs.
D'autres préfèrent une approche plus intuitive, à travers les arts divinatoires, pour poser un regard différent sur ce qu'ils vivent. Pas pour avoir une réponse toute faite, mais pour se donner un espace de réflexion, pour nommer des ressentis qui restaient flous. Ce type d'accompagnement ne remplace jamais une vraie conversation avec l'autre. Il aide simplement à y voir plus clair avant de se lancer dans cette conversation.
L'intuition ne se trompe presque jamais quand elle nous alerte. Elle a simplement besoin, parfois, d'être accompagnée pour devenir une vraie compréhension, plutôt qu'une inquiétude qui tourne dans le vide.
Il y a aussi cette autre forme d'intuition, plus légère, plus quotidienne : celle qui devine quand l'autre a besoin d'un câlin sans le demander, quand il vaut mieux se taire plutôt que d'insister, quand une soirée tranquille fera plus de bien qu'une sortie prévue de longue date. Cette intuition-là se construit avec le temps, à force d'observer l'autre, de le connaître vraiment. Elle ne tombe jamais du ciel. Elle se cultive, patiemment, année après année.
Quelques idées simples pour faire durer un couple
On ne peut pas donner une recette universelle, chaque couple est différent. Mais certaines habitudes reviennent souvent chez ceux qui durent, et elles sont à la portée de tout le monde.
La première chose qui revient souvent, c'est de garder un moment rien qu'à deux, chaque semaine si possible, sans les enfants, sans le téléphone posé sur la table. Pas besoin d'un restaurant cher. Une balade, un café en terrasse, une soirée à cuisiner ensemble suffisent largement. Ce qui compte, c'est la régularité, pas le décor.
Continuer à s'intéresser à ce que fait l'autre compte aussi énormément, même après des années. Demander comment s'est passée sa journée, et vraiment écouter la réponse. Se souvenir du nom du collègue qui l'embête, du rendez-vous important qu'il avait ce matin-là. Ces petits détails montrent qu'on suit encore la vie de l'autre, qu'on ne s'est pas contenté de partager un toit.
Il y a aussi cette habitude, plus difficile qu'elle n'en a l'air : ne pas laisser les problèmes s'accumuler en silence. Beaucoup de couples préfèrent éviter un sujet qui fâche, pour avoir la paix sur le moment. Sur le long terme, c'est souvent ce qui fait le plus de dégâts. Mieux vaut une petite discussion inconfortable aujourd'hui qu'une grosse dispute dans six mois, née de tout ce qu'on n'a pas dit avant.
Le contact physique, tout simple, joue également un rôle qu'on sous-estime. Une main posée sur l'épaule en passant, un câlin le matin avant de partir travailler, un bras autour de la taille devant la télévision. Ces gestes tout simples entretiennent une proximité que les mots seuls n'apportent pas toujours.
Accepter de se surprendre encore aide aussi beaucoup. Proposer une sortie inhabituelle, essayer un nouveau restaurant, se lancer dans un projet commun, même petit. La routine n'est pas le problème en soi, on l'a vu plus haut. Ce qui use un couple, c'est de ne plus jamais rien vivre de nouveau ensemble.
Et puis il y a ceci, sans doute le plus simple à dire mais le plus difficile à tenir dans la durée : continuer à se dire ce qu'on aime chez l'autre. Pas seulement au début de la relation. Encore après dix, vingt, trente ans. Un compliment sincère, dit à voix haute, garde son pouvoir même répété mille fois.
Aucune de ces idées n'est compliquée. Aucune ne demande de gros moyens. C'est justement pour ça qu'elles fonctionnent : elles sont accessibles à tous les couples, quel que soit leur budget, leur emploi du temps ou leur situation. Ce qui fait la différence, ce n'est pas de tout appliquer parfaitement. C'est d'en choisir une ou deux, et de les tenir vraiment, semaine après semaine, jusqu'à ce qu'elles deviennent naturelles.
Continuer à choisir l'autre, chaque jour
Il n'existe pas de recette magique pour s'aimer comme au premier jour. Il existe une décision, prise encore et encore, presque sans y penser tellement elle devient naturelle avec le temps : continuer à regarder l'autre avec attention, ne pas le considérer comme acquis, se rappeler même dans une journée banale pourquoi on a choisi cette personne plutôt qu'une autre.
Les couples qui semblent s'aimer comme au premier jour ont traversé les mêmes tempêtes que les autres. Ils ont connu la routine, la lassitude, les périodes de doute. La différence n'est pas d'avoir évité ces épreuves. La différence, c'est la façon dont ils y ont répondu, encore et encore.
Les plus belles histoires ne sont pas celles où il ne se passe jamais rien. Ce sont celles où deux personnes continuent d'avancer dans la même direction. Avancer dans la même direction ne veut pas dire être pareils, ni penser exactement la même chose en toutes circonstances. Ça veut dire accepter que l'autre change, parfois autrement que ce qu'on avait imaginé, et continuer malgré tout à avancer ensemble.
Il y a aussi une forme d'humilité chez les couples qui durent. Reconnaître ses propres torts sans attendre que l'autre reconnaisse les siens en premier. Accepter qu'on ne connaît jamais tout de l'autre, même après trente ans de vie commune, et que cette petite part de mystère entretient une curiosité qui empêche l'ennui de s'installer.
Les couples qui semblent s'aimer comme au premier jour n'ont pas échappé au temps. Ils l'ont simplement traversé ensemble, parfois un peu éloignés l'un de l'autre pendant les moments difficiles, mais toujours en revenant l'un vers l'autre au final. Ils ont continué, jour après jour, à faire ce petit choix, invisible pour tout le monde sauf pour eux : rester, et s'aimer encore.
La prochaine fois que vous croiserez un couple qui semble encore amoureux après toutes ces années, ne vous dites pas simplement qu'ils ont eu de la chance. Derrière cette image tranquille, il y a des années de choix répétés, de moments difficiles surmontés, de petites attentions données sans en attendre en retour. Et cette histoire-là, personne ne peut la vivre à votre place. Elle s'écrit chaque jour, un peu plus, dans les gestes les plus simples du quotidien.
Questions fréquentes
Pourquoi certains couples restent-ils amoureux après des années ?
Parce qu'ils continuent à se choisir volontairement, au-delà de l'habitude. Ils gardent de la curiosité l'un pour l'autre, traversent les difficultés sans se fuir, et acceptent que leur relation change avec le temps.
La passion des débuts peut-elle vraiment durer toute une vie ?
La passion du début change naturellement avec le temps. Elle laisse souvent place à une complicité plus profonde, moins spectaculaire mais bien plus solide, construite sur la confiance et les souvenirs partagés.
Comment raviver une relation qui s'essouffle ?
En se retrouvant vraiment, sans écran, en sortant un peu de la routine, et parfois en se faisant accompagner, par exemple auprès d'un tarologue, pour comprendre ce qui bloque dans la communication du couple.
Pourquoi l'été révèle-t-il autant de choses sur un couple ?
Parce qu'il enlève les excuses habituelles liées au travail et au rythme du quotidien. Ce qui va bien se renforce, et ce qui va mal devient plus difficile à ignorer.
Faut-il s'inquiéter si notre couple traverse une période difficile ?
Pas forcément. La plupart des couples qui durent ont connu au moins une période compliquée. Ce qui compte, c'est de ne pas laisser les non-dits s'installer et de continuer à se parler, même quand c'est inconfortable. Une crise traversée à deux renforce souvent une relation plus qu'elle ne la fragilise.
Source citée : John Gottman, The Gottman Institute — gottman.com