Vingt-deux cartes. Six siècles. Et depuis tout ce temps, les mêmes questions murmurées devant elles : est-ce que je suis aimé, est-ce que je peux y aller, est-ce que ça va s'apaiser. Les arcanes majeurs du tarot sont les cartes qui portent un nom et un visage, du Bateleur au Monde. Ce sont elles que l'on retourne en premier quand une question nous tient à cœur. Ce guide vous accompagne dans la signification des cartes du tarot, une par une, avec des mots simples, et ce que chacune peut vous souffler en amour, au travail et dans un tirage de tarot.
Une chose à poser dès maintenant, parce qu'elle apaise beaucoup de craintes : aucune de ces vingt-deux cartes n'est mauvaise. Même celles dont l'image impressionne. Vous verrez, ce sont souvent elles qui ont le plus de tendresse à offrir.
D'où viennent les arcanes majeurs
Le tarot voit le jour en Italie du Nord vers 1430, comme un jeu de cartes pour les grandes familles de Milan et de Ferrare. On l'appelait alors le jeu des « triomphes », et il servait à passer de belles soirées, pas à lire l'avenir. Les plus anciens exemplaires qui nous restent, les tarots Visconti-Sforza, étaient peints à la main, carte après carte, pour les ducs de Milan.
Le dessin que vous connaissez, celui du tarot de Marseille, prend sa forme en France au XVIIe siècle. Trois jeux complets ont traversé le temps et reposent aujourd'hui à la Bibliothèque nationale : celui de Jean Noblet, imprimé à Paris vers 1650, celui de Jean Dodal, à Lyon en 1701, et celui de Nicolas Conver, gravé à Marseille en 1760. Ce dernier est devenu la référence : presque tous les tarots de Marseille que l'on trouve aujourd'hui en descendent, un peu comme des petits-enfants qui auraient gardé les traits de leur grand-père.
Le regard divinatoire sur les cartes arrive plus tard, en 1781, quand Antoine Court de Gébelin publie dans le huitième tome de son Monde primitif l'idée que ces images cachent une sagesse ancienne. Les historiens ont montré depuis que l'idée était fausse, mais elle a ouvert une porte : celle du tarot comme outil pour se comprendre. En 1909, à Londres, Arthur Waite et l'illustratrice Pamela Colman Smith publient chez l'éditeur Rider le jeu qui porte leurs noms, avec des scènes dessinées sur toutes les cartes, et il séduit le monde anglophone. En France, le Marseille est resté le compagnon de toujours, et c'est lui qui guide les significations ci-dessous.
Comment lire ce guide
Chaque carte du tarot est présentée avec son numéro, son image telle qu'elle apparaît dans le Marseille, et ce qu'elle évoque, en amour, au travail, dans la vie. Vous ne trouverez pas ici de sens « renversé » : la tradition marseillaise lit surtout les cartes à l'endroit, et il est plus doux d'apprivoiser vingt-deux significations avant d'en découvrir quarante-quatre.
Gardez une idée en tête en avançant. Une carte seule donne une couleur. Un tirage complet donne un sens. Le Diable posé près de l'Étoile ne raconte pas la même histoire que le Diable posé près de la Maison Dieu. Pour sentir cette conversation entre les cartes, le tirage à trois cartes du tarot de Marseille est un très bon endroit où commencer.
Les 22 arcanes majeurs, un par un
0 ou XXII : Le Mat
Un homme marche, un baluchon sur l'épaule, un petit animal qui lui tient compagnie, le regard tourné vers ce qui vient. Le Mat n'a pas de numéro, ou plutôt il les a tous : il se tient au début du voyage comme à la fin. C'est la carte du départ, de la liberté, de l'élan confiant.
En amour, il annonce souvent une rencontre que l'on n'attendait pas, ou l'envie de retrouver un peu d'air dans une relation devenue trop étroite. Au travail, il encourage à tenter, à changer, à aller voir ce qu'il y a derrière la colline. Sa question est douce et persistante : qu'est-ce qui vous retient encore, alors que vous avez envie d'avancer ?
I : Le Bateleur
Un jeune homme se tient devant une table où sont posés ses outils, une baguette levée dans la main. Tout est là, prêt à servir. Le Bateleur est la carte des commencements et des talents qui ne demandent qu'à s'exprimer : le tout début d'une histoire d'amour, la légèreté des premiers échanges, un projet neuf au travail, une compétence qui s'affirme. Il vous rappelle que vous avez déjà tout ce qu'il faut pour poser le premier geste.
II : La Papesse
Une femme assise, un livre ouvert sur les genoux, un voile tendu derrière elle. La Papesse sait, et elle garde encore pour elle. C'est l'arcane de l'intuition, de la patience, de ce qui mûrit tranquillement à l'abri des regards.
En amour, elle parle d'un sentiment profond qui n'a pas encore trouvé ses mots, ou d'une femme discrète qui compte plus qu'il n'y paraît. Au travail, elle invite à observer, à se renseigner, à écouter cette petite voix intérieure qui perçoit avant de comprendre. Elle se trompe rarement quand on lui laisse la parole.
III : L'Impératrice
Installée sur son trône, le sceptre en main, un aigle sur son écu. L'Impératrice fait pousser tout ce qu'elle touche. Une relation qui s'épanouit, parfois une grossesse, un projet à deux qui prend corps ; des idées qui fleurissent au travail et des résultats qui suivent. Elle vous invite à savourer ce qui pousse, sans douter de l'avoir mérité.
IV : L'Empereur
Un homme assis de profil, solide, les jambes croisées, le regard calme. L'Empereur donne un cadre. Il pose des repères, prend des décisions, porte ses responsabilités sans faire de bruit. C'est la stabilité rassurante.
En amour, il évoque un partenaire fiable, un engagement concret, un foyer qui tient. Au travail, une position qui se consolide, une autorité reconnue, une décision qui met de l'ordre. C'est la carte de ceux vers qui l'on se tourne spontanément quand on a besoin de se sentir en sécurité.
V : Le Pape
Une figure bienveillante, la main levée, deux personnages plus petits à ses pieds qui l'écoutent. Le Pape transmet. Il enseigne, conseille, relie à quelque chose de plus grand que soi. Mariage ou union bénie, conseil précieux reçu au bon moment, mentor qui ouvre une porte, reconnaissance officielle : il accompagne tout ce qui s'engage avec sérieux et avec cœur. Il ne demande qu'une chose : rester fidèle à ce que vous sentez juste.
VI : L'Amoureux
Un jeune homme entre deux femmes, un ange au-dessus de lui, prêt à décocher sa flèche. L'Amoureux hésite, et c'est très humain. C'est la carte du choix, du cœur qui balance, de l'engagement qui demande de dire oui à une chose et de laisser l'autre.
En amour, un sentiment fort, un choix qui se présente, parfois une tentation à regarder sans se juger. Au travail, deux chemins possibles, une décision qui engage. L'Amoureux ne vous dit pas quoi choisir ; il vous dit tendrement que le moment est venu. Quand une question de cœur refuse de se trancher seule, une consultation de voyance amour peut vous aider à y voir plus clair, avec quelqu'un qui écoute.
VII : Le Chariot
Un jeune prince debout dans son char, tiré par deux chevaux qui ne regardent pas tout à fait dans la même direction. Le Chariot avance quand même, et c'est là sa beauté. Relation qui progresse, rencontre en voyage, déménagement à deux, promotion, projet qui décolle : tout ce qui bouge dans le bon sens porte sa marque. Son conseil tient en une image : gardez les rênes en main avec confiance, les chevaux finissent toujours par s'accorder.
VIII : La Justice
Une femme assise de face, une balance dans une main, une épée dans l'autre, le regard clair. La Justice pèse avec soin. Elle remet les choses à leur place, dit ce qui est vrai, rétablit l'équilibre.
En amour, elle parle de clarté, d'une relation qui gagne à être honnête, d'un engagement officiel. Au travail, un contrat, une décision administrative, un bilan juste. Elle n'est jamais une menace. Elle est la carte de l'apaisement qui vient quand tout retrouve sa place.
IX : L'Hermite
Un vieil homme avance doucement, appuyé sur son bâton, une lanterne à la main. L'Hermite éclaire ce qui est juste devant lui, et c'est suffisant. C'est la carte de la réflexion, du recul, de la sagesse qui vient avec le temps.
En amour, une période de solitude choisie et bienfaisante, ou un amour mûr, profond, sans agitation. Au travail, un temps d'analyse avant de décider, une recherche qui demande de la patience. Il vous rappelle que ralentir n'est pas reculer. C'est parfois la façon la plus sûre d'avancer.
X : La Roue de Fortune
Trois figures sur une roue : l'une monte, l'autre descend, la troisième se tient au sommet. La Roue tourne, toujours. Un tournant amoureux, une rencontre venue du hasard, une opportunité inattendue au travail, un chapitre qui se referme pour laisser la place au suivant. Son message est l'un des plus réconfortants du jeu : rien ne reste figé, et ce qui descend finit toujours par remonter.
XI : La Force
Une femme ouvre avec douceur la gueule d'un lion, sans effort apparent, un chapeau en forme de huit couché sur la tête. La Force ne lutte pas. Elle apprivoise. C'est la carte du courage tranquille, de la maîtrise de soi, de l'énergie bien employée.
En amour, la passion apaisée, la patience qui vient à bout des petites tensions. Au travail, une difficulté surmontée par le calme plutôt que par la confrontation. Elle vous dit que votre douceur est votre plus belle ressource.
XII : Le Pendu
Un homme suspendu par un pied, la tête en bas, les mains derrière le dos, et un visage parfaitement serein. Le Pendu attend, et il va bien. Il voit le monde à l'envers, et c'est précisément ce qui lui permet de comprendre autrement. C'est la carte de la pause, du lâcher-prise, du regard neuf.
En amour, une relation en suspens, une attente qui a du sens, un pas de côté consenti. Au travail, un projet qui marque le pas et qu'il vaut mieux regarder sous un autre angle avant de le relancer. Il vous rappelle que certaines réponses arrivent d'elles-mêmes, quand on cesse de les chercher.
XIII : L'Arcane sans nom
La seule carte du Marseille qui ne porte pas de titre. Les cartiers du XVIIe siècle ont laissé son cartouche vide, et personne ne sait vraiment pourquoi : par pudeur, par superstition, ou simplement parce que l'image parlait assez d'elle-même. Le cinéma, lui, l'a rendue inquiétante, et c'est sans doute le plus grand malentendu de tout le tarot.
L'Arcane sans nom parle de transformation. Une page se tourne pour qu'une autre puisse s'écrire. L'automne laisse partir les feuilles, et c'est ce qui prépare le printemps. En amour, la fin d'un schéma qui ne vous convenait plus, une relation qui change de nature, un renouveau après une période difficile. Au travail, une reconversion, un départ, un cycle qui s'achève pour faire place à quelque chose de plus juste pour vous. Les tarologues la voient souvent sortir chez des personnes qui s'apprêtent à vivre le plus beau virage de leur vie. Et si cette carte revient souvent dans vos tirages, voici pourquoi certaines cartes s'attachent à nous, et ce qu'elles cherchent à vous dire.
XIIII : Tempérance
Un ange verse de l'eau d'une cruche à l'autre, dans un mouvement continu et parfaitement dosé. Tempérance mélange, équilibre, apaise. Réconciliation, tendresse qui revient, collaboration fluide, période de calme après l'agitation. C'est l'une des cartes les plus consolantes du jeu, et elle a le don d'arriver quand on en a le plus besoin.
XV : Le Diable
Une grande figure cornue sur son socle, et deux petits personnages reliés à elle par des liens. Regardez bien ces liens : ils sont lâches. Le Diable parle de ce qui nous attache, du désir, de la passion, de l'ambition, de tout ce qui nous tient, en bien comme en moins bien.
En amour, une attirance intense, une relation très charnelle, parfois un attachement qui mérite d'être regardé avec douceur. Au travail, l'ambition qui porte, les questions d'argent et de pouvoir, et ce que l'on accepte pour les obtenir. Le Diable ne condamne jamais personne. Il montre simplement les liens, pour que vous puissiez choisir librement de les garder ou de les dénouer.
XVI : La Maison Dieu
Une tour touchée par un éclair, sa couronne qui s'envole, deux personnages qui descendent vers l'herbe. L'image surprend, le sens libère. La Maison Dieu raconte la chute de ce qui était construit de travers, et l'ouverture qui en découle : une révélation, un coup de foudre, une vérité qui change la donne, un déclic au travail après lequel l'air circule à nouveau. Cette carte peut impressionner sur le moment. Ceux qui l'ont traversée en parlent presque toujours, avec le recul, comme d'un soulagement.
XVII : L'Étoile
Une femme agenouillée au bord d'une rivière verse l'eau de deux cruches, sous un ciel rempli d'étoiles. L'Étoile est la carte de l'espoir, de la confiance, de la générosité. Après la Maison Dieu, elle vient dire que le ciel s'est dégagé.
En amour, une rencontre sincère, un sentiment qui grandit sans calcul. Au travail, l'inspiration, un projet qui semble protégé, une reconnaissance qui arrive sans qu'on l'ait forcée. Elle vous dit, tout simplement, que vous êtes sur votre chemin.
XVIII : La Lune
Deux tours, deux chiens qui chantent vers le ciel, une écrevisse qui sort de l'eau, et une lune au visage pensif qui éclaire doucement. La Lune est la carte de l'intuition, de l'imaginaire, de ce que l'on ressent sans encore pouvoir le nommer.
En amour, un sentiment encore flou, une relation où tout n'est pas dit, une sensibilité à fleur de peau. Au travail, une situation à laisser se décanter avant de décider. Elle n'annonce rien de fâcheux. Elle vous chuchote un conseil : prenez le temps, écoutez ce que vous sentez. Pour affiner cette oreille intérieure, la carte du jour est un petit rituel très doux.
XVIIII : Le Soleil
Deux enfants se tiennent par l'épaule devant un muret, sous un grand soleil au visage franc. Il n'y a rien à expliquer ici, et c'est reposant : amour lumineux, naissance, réussite reconnue, plaisir de ce que l'on fait. Quand le Soleil sort, c'est bon signe, tout simplement.
XX : Le Jugement
Un ange sonne de la trompette, et trois personnages se relèvent, les bras ouverts vers le ciel. Le Jugement est la carte du réveil, de l'appel, du renouveau. Quelque chose que l'on savait au fond de soi remonte doucement à la surface.
En amour, le retour d'une personne, une déclaration, une relation qui renaît sur des bases plus vraies. Au travail, une vocation qui s'affirme, une nouvelle attendue, un déclic. Il ne vous demande pas d'être certain. Il vous invite simplement à répondre à ce qui vous appelle.
XXI : Le Monde
Une femme danse au centre d'une couronne de feuillage, entourée de quatre figures qui veillent sur elle. Le Monde est la carte de l'accomplissement, de la réussite complète, de l'ouverture au vaste. C'est la dernière du voyage, et la plus heureuse.
En amour, une union épanouie, un amour qui a trouvé sa place, parfois une rencontre venue de loin. Au travail, un cycle qui se termine en beauté, une réussite reconnue, un horizon qui s'élargit. Et après le Monde, le Mat reprend la route, le cœur léger, et tout recommence.
Ce que les arcanes majeurs racontent, pris dans l'ordre
Lus l'un après l'autre, les vingt-deux arcanes racontent un chemin que chacun reconnaît un peu. Le Bateleur commence, l'Impératrice et l'Empereur construisent, l'Amoureux choisit, le Chariot s'élance, la Justice remet de l'ordre. L'Hermite s'arrête pour réfléchir, la Roue rappelle que tout bouge, le Pendu apprend la patience. L'Arcane sans nom laisse partir ce qui devait partir, la Maison Dieu libère ce qui était trop serré. Puis l'Étoile, la Lune et le Soleil ramènent l'espoir, le doute et la clarté, dans cet ordre, comme dans toute vie. Le Jugement réveille, le Monde accomplit.
C'est ce qui rend ces cartes si proches de nous. Elles ne décrivent pas des événements extraordinaires. Elles décrivent des passages que nous traversons tous, et c'est pour cela qu'une carte « tombe juste » si souvent. Il existe d'ailleurs une façon très douce de savoir laquelle vous ressemble le plus : calculer votre carte de naissance à partir de votre date de naissance, ou, plus ludique encore, répondre au quiz Quelle carte du tarot êtes-vous ?.
Les quatre cartes qui impressionnent, et qui veulent du bien
Il est bon de le dire une fois, posément, parce que c'est la première inquiétude de presque tous ceux qui ouvrent un jeu.
L'Arcane sans nom parle de renouveau, jamais de fin triste. Le Diable parle de désir et d'attachement, et pose une question plutôt qu'il ne juge. La Maison Dieu parle d'une libération soudaine, pas d'un drame. La Lune parle d'intuition et de prudence, pas de menace.
Ces quatre cartes ont une image forte parce qu'elles touchent à ce que l'on a le plus de mal à regarder tranquillement : ce qui change, ce qui nous tient, ce qui se défait, ce qui reste flou. Et c'est exactement pour cette raison qu'elles sont précieuses. Un bon tarologue les accueille presque avec plaisir : elles indiquent toujours l'endroit où quelque chose est en train de s'ouvrir.
Tirer les arcanes majeurs soi-même
Trois façons simples de commencer, de la plus facile à la plus complète.
La carte unique, pour une question du jour ou une énergie à ressentir. Vous mélangez, vous coupez, vous retournez une carte. C'est le principe de la carte du jour gratuite, et c'est la plus belle façon de mémoriser les significations : une carte chaque matin, et au bout de trois semaines le jeu vous est devenu familier.
Le tirage à trois cartes, passé, présent, avenir probable, pour comprendre une situation dans son mouvement. La première carte éclaire d'où vient la question, la deuxième ce qui se joue en ce moment, la troisième la direction qui se dessine. Vous pouvez le faire en ligne sur la page du tarot de Marseille, ou avec votre propre jeu, à votre rythme.
Le tirage en croix, à cinq cartes, pour une question qui mérite qu'on s'y attarde un peu. Il demande une petite pratique : la cinquième carte, au centre, se calcule en additionnant les quatre autres, et c'est elle qui offre la synthèse. Un prochain article lui sera consacré.
Une seule douceur à vous accorder pour les trois : formulez une question ouverte. « Que puis-je comprendre de cette situation ? » ouvre une lecture. « Est-ce qu'il va revenir ? » la referme. Et ne reposez pas la même question plusieurs fois en espérant une autre carte : la première réponse mérite d'être écoutée.
Quand la lecture dépasse le jeu
Connaître les vingt-deux arcanes vous permet de faire vos propres tirages, et c'est déjà un très beau cadeau à se faire. Mais il arrive un moment où une question cesse d'être un jeu. Cette relation qui n'avance pas. Ce poste qu'on hésite à accepter. Ce changement qui approche et qu'on ne sait pas encore comment accueillir.
C'est là qu'un tarologue fait toute la différence. Il ne connaît pas seulement les cartes, il connaît la conversation entre elles : pourquoi le Pendu près du Chariot ne dit pas la même chose que le Pendu près de l'Hermite, ce que la position change, ce que votre question précise déplace dans la lecture. Un cartomancien travaillera avec d'autres jeux, des oracles ou des cartes ordinaires, avec la même attention. Dans les deux cas, la consultation part de votre question, à votre rythme, et vous repartez avec une lecture qui vous ressemble.
Le bon équilibre, celui que pratiquent la plupart des habitués : un tirage de tarot gratuit au quotidien pour se familiariser avec les cartes, et une consultation quand une question compte vraiment. L'un nourrit l'autre. Plus vous connaissez les arcanes, plus la lecture d'un professionnel vous parle.
Alors la prochaine fois qu'une question vous tiendra éveillé un peu trop tard, vous saurez où la poser. Mélangez, coupez, retournez. Le Mat, la Lune ou l'Étoile seront là, patients comme ils le sont depuis six cents ans, et ils auront quelque chose à vous dire.
Questions fréquentes sur les arcanes majeurs
Qu'est-ce qu'un arcane majeur ?
Les 56 autres cartes, réparties en quatre couleurs (bâtons, coupes, épées, deniers), sont les arcanes mineurs, présentés dans leur propre guide. »
Lien sur « arcanes mineurs » → https://www.kanditel.com/blog/arts-divinatoires-tarot/les-56-arcanes-mineurs-du-tarot-les-cartes-qu-on-oublie-toujours-de-lire
Quelle est la différence entre le tarot de Marseille et le Rider-Waite ?
Le tarot de Marseille est la tradition française, fixée au XVIIe siècle, dont la référence est le jeu de Nicolas Conver gravé en 1760. Le Rider-Waite est un jeu anglais publié en 1909, qui illustre aussi les petites cartes par des scènes. Les 22 arcanes majeurs existent dans les deux, avec quelques différences : la Justice et la Force y échangent leurs numéros, et l'Arcane sans nom y porte un titre.
Quelle est la carte la plus positive du tarot ?
Le Soleil, le Monde et l'Étoile sont les trois cartes les plus franchement heureuses du jeu. Le Soleil pour la joie simple, l'Étoile pour l'espoir et la protection, le Monde pour l'accomplissement. Tempérance, plus discrète, est aussi l'une des plus apaisantes.
L'Arcane sans nom annonce-t-il un malheur ?
Non. La carte 13 du tarot de Marseille parle de transformation et de renouveau : une page se tourne pour qu'une autre s'écrive. Un déménagement, une reconversion, une relation qui change de nature. Dans un tirage, elle annonce un virage, et bien souvent un virage heureux.
Faut-il lire les cartes renversées ?
La tradition du tarot de Marseille lit surtout les cartes à l'endroit, et il est plus confortable d'apprivoiser les 22 significations de base avant d'en découvrir les nuances inversées. Les sens renversés viennent surtout de l'école anglaise du Rider-Waite.
Peut-on tirer les arcanes majeurs seuls, sans les mineurs ?
Oui, et c'est même la façon la plus douce de débuter. Un tirage avec les 22 majeurs seulement donne une lecture claire des grandes dynamiques d'une situation. Les tirages gratuits de Kanditel reposent sur ce principe.
Combien de temps faut-il pour connaître les 22 arcanes ?
Avec une carte par jour, environ trois semaines pour se familiariser avec les significations, et quelques mois de pratique tranquille pour les lire en combinaison. Les cartes s'apprennent bien mieux en les tirant qu'en les lisant.
Sources
Histoire des cartes de tarot : apparition des trionfi en Italie du Nord vers 1430-1450, tarots Visconti-Sforza.
Tarot de Marseille et tradition française : les jeux de Jean Noblet (Paris, vers 1650), Jean Dodal (Lyon, 1701) et Nicolas Conver (Marseille, 1760), conservés à la Bibliothèque nationale de France.
Cartomancie : les tarots, Encyclopædia Universalis : Court de Gébelin et le huitième tome du Monde primitif (1781), Etteilla, et la parution du jeu de Waite et Colman Smith chez Rider en 1909.
Rider–Waite Tarot : première édition en 1909 par William Rider & Son, Londres, illustrations de Pamela Colman Smith.