Samain, la nuit où le voile est le plus fin : présages, signes et retrouvailles

Samain, la nuit où le voile est le plus fin : présages, signes et retrouvailles

Samain n’a jamais eu besoin de citrouilles. Bien avant les déguisements de zombie et les sachets de bonbons achetés en catastrophe le 30 au soir, la nuit du 31 octobre était l’une des plus douces et des plus joueuses de l’année : celle où l’on croyait que le voile entre notre monde et l’autre devenait si fin qu’on pouvait, le temps d’un dîner, retrouver ceux qu’on a aimés. Et, entre deux parts de gâteau, savoir qui se marierait dans l’année.

C’est cette nuit-là que cet article vous propose de retrouver. Pas celle qui fait peur, celle qui relie, et qui rit. Avec ce que les traditions irlandaises en disent vraiment, ce que la Toussaint a de différent, pourquoi tant de personnes sentent les absents plus proches à cette saison, et comment accueillir un rêve, un signe ou un message avec le sourire de celle qui sait qu’un lien ne s’arrête pas parce qu’on ne se voit plus. Pour une fois que le calendrier nous donne une bonne raison de parler de magie, autant en faire quelque chose de vivant.

Samain savait faire la fête

Chez les Celtes d’Irlande et de Grande-Bretagne, l’année avait deux saisons : la claire et la sombre. Le passage de l’une à l’autre, quand les récoltes étaient rentrées et qu’on pouvait enfin souffler, s’appelait Samain, « fin de l’été ». C’était le nouvel an celtique, et les Celtes avaient compris une chose que nous avons oubliée : on fête bien mieux le nouvel an au coin du feu en octobre que dehors en janvier.

Ce soir-là, on éteignait tous les feux des maisons. Les druides allumaient un grand feu sur une colline, et chaque famille venait y chercher une braise pour rallumer son foyer, si bien que le village entier repartait de la même flamme. On festoyait pendant plusieurs jours. On se déguisait avec du crin de cheval et de la laine de mouton collés sur des bouts de tissu, pour tromper les esprits qui passeraient par là, ou le voisin. On creusait des navets, on y mettait une chandelle, et on les posait devant la porte avec une grimace sculptée dessus, en guise de portier.

Et surtout, on jouait à deviner l’avenir. Le Musée national d’Irlande garde encore la trace de ces jeux. On faisait tourner une pomme dans une bassine d’eau, le premier qui mordait dedans serait le premier à se marier. On pelait une pomme d’un seul ruban : plus l’épluchure était longue, plus la vie le serait. On disposait quatre bols sur la table, l’un avec de l’eau, l’autre avec une bague, le troisième avec de la terre, le dernier avec un peu de nourriture, et quelqu’un, les yeux bandés, en choisissait un : départ au loin, mariage, deuil ou prospérité. On imagine assez bien la soirée. Les récoltes sont rentrées, la nuit s’étire, et quelqu’un finit par poser la question qui traverse les siècles : « Alors, cette année, est-ce que je rencontre quelqu’un ? » Les saisons changent. Certaines préoccupations font preuve d’une remarquable stabilité.

Quand le dessert annonçait un mariage

De toutes ces coutumes, la plus gourmande a survécu : le barmbrack, un pain brioché aux fruits secs qu’on trouve encore dans toutes les boulangeries d’Irlande à la fin d’octobre. On y cachait une bague avant de le cuire. La personne qui tombait sur la part à la bague serait la prochaine à se marier. Et comme les Irlandais ont le sens du détail, on y glissait aussi d’autres objets, chacun avec son présage : un dé à coudre pour celle qui resterait célibataire, un bouton pour celui qui ferait de même, une pièce pour la fortune, un chiffon pour la gêne, et un petit bâton pour un ménage où l’on se disputerait. Le repas se terminait donc par une conversation très animée sur le destin de chacun, et sans doute par quelques échanges de parts sous la table.

Le principe avait du charme : l’avenir arrivait avec le dessert. De nos jours, on apprécie généralement que la demande en mariage soit un peu plus explicite.

L’archiviste de la Collection nationale du folklore irlandais raconte même qu’un hareng salé, mangé avant de se coucher, garantissait que le futur époux apparaîtrait en rêve dans la nuit. On ne garantit rien pour le sommeil, en revanche.

Ce goût des présages dit quelque chose de nous. On aime imaginer la suite, donner une forme à une envie, se demander si une rencontre ou un changement se prépare. La fête offre un espace pour en parler librement, avec le plaisir du jeu et le droit de ne pas tout prendre au pied de la lettre. C’est exactement ce que les lectrices de ce blog font avec un tirage de tarot gratuit un dimanche après-midi : on pose une question, on regarde une image, et on laisse la conversation partir.

La place vide à table

Mais Samain n’était pas qu’un jeu. Sous les rires, il y avait l’idée la plus tendre de toutes : cette nuit-là, la frontière entre les vivants et ceux qui étaient partis devenait perméable, et on se préparait à les recevoir.

Les Irlandais mettaient un couvert de plus. Ils laissaient une miche de pain sur la table de la cuisine avant d’aller dormir, pour que le visiteur de la nuit ne reparte pas les mains vides. Une conservatrice du Musée national d’Irlande le raconte encore : on voulait leur donner quelque chose, pour leur montrer qu’on ne les avait pas oubliés. Certains plaçaient une chandelle à la fenêtre, tournée vers le chemin, comme on laisse une lumière allumée pour quelqu’un qui rentre tard et qui a encore ses habitudes. Les portes restaient entrouvertes.

Il n’y avait là rien de triste. C’était de l’hospitalité, ni plus ni moins. Une façon de dire : tu es toujours des nôtres, tu as ta place, et on a fait ton plat. Les enfants grandissaient avec l’idée que les grands-parents partis revenaient une fois l’an pour le dîner, et qu’il fallait se tenir correctement ce soir-là parce que grand-mère voyait tout, ce qui au fond n’avait pas changé.

Le folklore irlandais gardait aussi, il faut le dire, ses récits inquiétants, ses esprits farceurs et ses gestes de protection, l’eau bénite au seuil et sur les bêtes. L’ancienne fête n’était pas seulement une douce réunion de famille. Mais c’est la réunion qui a traversé les siècles, et c’est elle que les médiums retrouvent chaque année dans les demandes qu’on leur fait. Les personnes qui consultent ne viennent pas chercher un fantôme. Elles viennent garder une chaise.

Samain, Halloween et la Toussaint ont chacune leur histoire

Ces trois fêtes voisines finissent souvent dans le même chaudron. Quelques repères permettent de mieux les apprécier, et de ne vexer personne au dîner.

Halloween se fête le 31 octobre, et son nom, « All Hallows’ Eve », veut dire la veille de tous les saints. Samain appartient à l’héritage saisonnier irlandais et marque le premier novembre, les célébrations commençant la veille au soir. La Toussaint, le premier novembre, honore tous les saints dans la tradition catholique, et le lendemain, le deux novembre, est consacré au souvenir de tous les proches partis.

Leurs histoires se sont croisées. Au huitième siècle, le pape Grégoire III déplace la fête de tous les saints au premier novembre, et en l’an huit cent trente-cinq, Grégoire IV, avec l’appui de l’empereur Louis le Pieux, fils de Charlemagne, l’impose à toute la chrétienté. La date n’a rien d’un hasard : c’est précisément celle de Samain, et l’Institut catholique de Paris le dit sans détour, il s’agissait de christianiser la tradition tout en conservant certaines coutumes populaires, les feux, la lumière, le souvenir des ancêtres. Plutôt que d’interdire une fête à laquelle les gens tenaient, on l’a habillée autrement. C’est la plus vieille astuce du monde, et elle marche encore.

Mais la Toussaint a aussi ses propres racines, bien plus anciennes que cette décision : le culte des martyrs dès les premiers siècles en Orient, le Panthéon de Rome consacré à tous les saints par le pape Boniface IV. La présenter comme Samain simplement rebaptisée ferait disparaître la moitié de son histoire. Et les Romains, de leur côté, avaient depuis longtemps leurs journées de février pour les ancêtres et les êtres chers, où l’on apportait des fleurs, du sel et du pain trempé dans le vin. Tout le monde, visiblement, avait compris qu’on ne rend pas hommage le ventre vide.

Quant au chrysanthème, il est devenu la fleur de la Toussaint au dix-neuvième siècle pour une raison très pratique : c’est la seule à tenir au froid et à garder ses couleurs quand tout le reste a rendu les armes. Une fleur qui ne lâche pas, pour des gens qu’on ne lâche pas. Ce n’est pas une mauvaise devise.

On peut aimer les lanternes d’Halloween, être sensible à la symbolique de Samain et vivre la Toussaint selon sa foi. Il suffit de respecter le sens que chacun donne à ces journées, et de garder une part de gâteau pour tout le monde.

Pourquoi on sent les absents plus présents à cette période

Beaucoup de personnes le remarquent sans savoir l’expliquer : à la fin d’octobre, les proches disparus reviennent dans les pensées, dans les rêves, dans les détails. Une chanson à la radio. Une odeur de feu de bois. Un geste qu’on se surprend à faire exactement comme lui, et qu’on n’avait jamais remarqué.

Il y a des raisons très concrètes à cela. La lumière baisse, les journées se replient sur l’intérieur, on sort moins, on range, on retrouve des photos en cherchant une écharpe. L’automne est la saison des bilans, et un bilan convoque toujours ceux qui ont compté. Les fêtes approchent, avec leurs chaises vides et leur nappe de Noël. Tout, dans la saison, invite à se souvenir.

Et il y a les rêves. Un chercheur canadien, Joshua Black, a passé des années à étudier les rêves dans lesquels revient une personne qu’on a perdue, après en avoir fait un lui-même. Ce qu’il a trouvé est l’une des choses les plus réconfortantes qu’on puisse lire sur le sujet. Dans la grande majorité des cas, la personne apparaît en pleine santé, apaisée, souvent plus jeune, avec ses meilleures années sur le visage, et elle vient dire quelque chose de simple : je vais bien, je suis là, je t’aime. Une femme lui a raconté que son mari était venu lui dire qu’il avait fait le tour du temps et qu’il l’aimait toujours. Black appelle cela un lien qui continue, et il a remarqué que ces rêves aident à avancer bien plus qu’ils ne retiennent. Beaucoup de personnes les attendent comme on attend une visite, en mettant un peu d’ordre avant de se coucher.

Si ces rêves vous arrivent, à Samain ou en plein mois de juillet, ne les repoussez pas. Ils sont la forme la plus douce que prend le lien. L’article Pourquoi je rêve de mon ex alors que j’ai tourné la page consacre une section entière au cas, très particulier et très tendre, de l’ancien amour qui n’est plus là et qui revient la nuit, toujours impeccable.

Le voile entre les mondes, et ce que les médiums en disent

Vous avez sûrement rencontré la formule : à Samain, « le voile entre les mondes serait plus fin ». C’est une image, une manière d’imaginer une proximité avec l’invisible. Et pour les médiums, ce n’est pas une superstition, c’est une période de pointe. Beaucoup racontent que les contacts sont plus faciles à ce moment, les ressentis plus nets, les messages plus clairs. Non pas que les absents soient plus loin le reste de l’année, mais parce que nous, les vivants, sommes plus disponibles. On pense à eux, on les appelle sans le savoir, et la porte s’ouvre des deux côtés. Un peu comme un téléphone qui capte mieux quand on sort sur le balcon.

Un médium spirit ne fait venir personne, il n’a pas de sonnette pour ça. Il écoute. Il perçoit une présence, une personnalité, parfois un prénom, et surtout un détail que seule la personne consultée peut reconnaître : une façon de rire, un objet, une expression, une manie avec le sucre. C’est ce détail-là, et pas les grandes phrases, qui fait la valeur d’un contact. Pénélope, dans l’Odyssée, n’a reconnu Ulysse qu’au secret de leur lit taillé dans un olivier. Les médiums travaillent exactement ainsi : par le petit signe vrai que personne d’autre ne pouvait connaître.

Et ce qu’ils transmettent ressemble à ce que Black a trouvé dans les rêves. Les messages qui passent sont rarement des avertissements ou des reproches, personne ne revient de si loin pour dire que la cuisine est mal rangée. Ce sont des « je vais bien », des « continue », des « ne t’inquiète pas pour moi », des « j’ai vu, j’étais là ». Des messages de gens apaisés qui veulent que vous le soyez aussi.

Un ressenti peut avoir une valeur intime sans constituer la preuve d’un message venu d’ailleurs, et chacun reste libre d’y voir un souvenir, une coïncidence ou un signe personnel. Si vous vous demandez comment se passe ce type d’échange et quoi demander, l’article Que demander à un voyant ? vous donnera des repères, et les avis laissés par les clientes de Kanditel racontent souvent, mieux que n’importe quel article, ce qu’un contact apaisé peut changer dans une semaine.

Recevoir un message sans tristesse

La question n’est pas de savoir si les absents nous font signe. La question est de savoir si l’on regarde. Et à Samain plus qu’à tout autre moment, il vaut la peine de lever les yeux de son téléphone.

Les signes prennent presque toujours des formes modestes. Une odeur qui traverse une pièce sans raison, le parfum de quelqu’un, une cuisine qu’on n’a pas faite. Un objet qui réapparaît exactement là où on l’avait cherché cent fois, avec un air innocent. Une plume sur le chemin, une pièce par terre, un papillon en plein novembre qui n’a clairement pas regardé le calendrier. Une chanson, la sienne, qui démarre à la radio au moment précis où l’on pense à lui. Les heures en miroir, onze heures onze, vingt-deux heures vingt-deux, qui reviennent jusqu’à ce qu’on comprenne qu’elles reviennent. Le blog Kanditel a consacré un article à ces heures miroirs, et un autre aux synchronicités, ces coïncidences qui arrivent pile quand on en a besoin.

Ce qui distingue un signe d’un hasard, c’est ce qu’il fait ressentir. Un vrai signe donne un petit frisson, une évidence, parfois un rire. On ne se demande pas si c’est lui. On le sait, et on lève les yeux au ciel en disant « bon, d’accord ».

Et il y a une manière de les recevoir qui change tout : dire merci. Pas « pourquoi es-tu parti », pas « reviens », juste merci. Merci d’être passé. Merci de me montrer que tu vas bien. C’est le même mouvement que les Irlandais avec leur pain sur la table : on ne retient pas, on accueille. Et curieusement, quand on accueille, les signes se font plus fréquents, comme si l’absent, se sentant bienvenu, prenait ses aises. Et si rien de particulier ne se produit, la soirée n’est pas ratée. L’invisible n’a signé aucun contrat d’animation.

Une soirée de Samain à votre façon

Pour retrouver cet esprit chez vous, commencez par ce qui vous fait plaisir. Une belle lumière, votre boisson préférée, une table autour de laquelle on a envie de rester. Invitez quelques proches à raconter une coïncidence étonnante, un rêve mémorable ou une intuition qui les a surpris. Les histoires deviennent souvent meilleures quand personne ne cherche à convaincre toute la tablée, et la plus sceptique finit toujours par demander à voir les cartes. Pour vérifier, naturellement.

Si vous aimez le tarot, tirez une carte autour d’une question ouverte : « À quoi ai-je envie de faire une place dans ma vie ? » Regardez l’image, les détails qui vous attirent, ce qu’ils vous évoquent. La carte sert de support à la réflexion, sans décider à votre place. Amour, projet, amitié, envie de changement : choisissez ce qui vous intéresse vraiment. Il n’est pas nécessaire de régler l’ensemble de votre existence entre le thé et le dessert. Et si vous voulez pousser le jeu jusqu’au bout, faites un gâteau avec une bague dedans. Prévenez les convives avant qu’ils mordent, les Irlandais ont appris ça à leurs dépens.

Pour ceux qu’on a aimés, c’est encore plus simple. Une photo, une seule, posée quelque part où vous la verrez. À côté, une bougie, de n’importe quelle couleur, le noir n’est pas obligatoire, et quelque chose que la personne aimait : un carré de chocolat, un verre de ce qu’elle buvait, une fleur, un biscuit qu’elle cachait dans le placard du haut. C’est la place à table des Irlandais, version appartement.

Puis racontez. Sa réplique préférée, sa chanson, sa recette ratée qu’elle refaisait quand même. Pas sa fin, sa vie. Riez. Les souvenirs ont aussi une voix, une façon de rire, parfois un caractère assez prononcé, et c’est à ses défauts qu’on reconnaît quelqu’un. On peut sourire en se souvenant. On peut aussi avoir le cœur serré. Rien n’oblige à fabriquer une émotion particulière pour être fidèle à un lien.

Écrivez-lui trois lignes si vous voulez, sur un papier que vous garderez ou laisserez brûler dans la flamme, au choix. Pas forcément des choses graves. « J’ai planté tes dahlias, ils ont pris. » « Le petit a eu son permis, du deuxième coup, comme toi. » « Tu me manques, et je vais bien. » Et avant de dormir, laissez une petite lumière, et dites simplement bonne nuit.

Vous préférez une soirée en solo ? Un carnet, un film que vous aimez et quelques lignes sur ce que vous aimeriez vivre dans les mois à venir suffisent. Ce petit rendez-vous avec vous-même n’a aucun examen final. Et si un rêve vient, vous saurez d’où il vient. S’il ne vient pas, vous aurez passé une soirée avec quelqu’un que vous aimez, vous-même compris, et il y a pire programme un 31 octobre.

Et les sorcières dans tout ça ?

On ne peut pas parler de Samain sans elles, et le blog Kanditel leur a déjà consacré deux articles, Halloween et les sorcières : une nuit de magie et de mystères et, plus récemment, Les sorcières modernes, entre mémoire, magie et conscience du vivant. On y découvre que la sorcière d’Halloween est, elle aussi, une figure déformée : avant le chapeau pointu et le balai, c’était la femme du village qui connaissait les plantes, lisait les présages et savait parler aux absents. La gardienne du voile, en somme, avec une bonne tisane. Elle et le médium d’aujourd’hui font le même métier à des siècles de distance : tenir la porte ouverte, et ne pas s’étonner de ce qui passe.

Quand en parler à un médium

La plupart du temps, une bougie, une photo et quelques souvenirs suffisent. Mais il arrive que la question reste. Un mot qu’on n’a pas pu dire. Un départ trop brusque, sans au revoir. Une présence qu’on sent sans parvenir à la lire. Un rêve qui revient avec une insistance qui ressemble à une demande. Et le besoin, simplement, d’entendre de la bouche de quelqu’un dont c’est le métier que la personne va bien.

C’est pour cela que des milliers de personnes se tournent, surtout en cette saison, vers les médiums spirit de Kanditel. Depuis plus de dix ans, ils accompagnent celles et ceux qui veulent renouer un fil, poser une question restée en suspens, ou simplement recevoir des nouvelles. Vous venez avec un prénom, un souvenir, parfois rien d’autre qu’un manque. Vous repartez souvent avec un détail que personne ne pouvait connaître, et avec un apaisement qu’aucune lecture ne donne. Et vous restez libre d’y croire exactement autant que vous le souhaitez.

Vous choisissez le format qui vous ressemble. La voyance par téléphone pour la chaleur d’une voix. Le chat privé si vous préférez écrire et relire, en pyjama si ça vous chante. La voyance par mail pour poser votre question en entier, à votre rythme, et garder la réponse. Dans tous les cas, l’échange est confidentiel, et aucun médium ne fera venir qui que ce soit : il écoutera ce qui est déjà là, souvent depuis longtemps.

Cette nuit-là, le voile est fin. Mais la vérité que les Celtes connaissaient, et que les médiums confirment chaque jour, c’est qu’il n’est jamais vraiment épais. Ceux qu’on a aimés ne sont pas dans une autre pièce dont on aurait perdu la clé. Ils sont à table, à leur place, et ils attendent qu’on leur raconte comment ça va. Avec les détails, s’il vous plaît. Et s’il reste du gâteau, ils prendront la part sans la bague.

FAQ : Samain, Halloween, la Toussaint et ceux qu’on a aimés

Qu’est-ce que Samain, et quel rapport avec Halloween ?

Samain est la fête celtique de la fin de l’été et du nouvel an, qui marque le premier novembre, avec des célébrations commençant la veille au soir. On croyait que cette nuit-là, le voile entre notre monde et l’autre était le plus fin, et l’on accueillait les proches disparus avec une place à table et une lumière à la fenêtre. Halloween en est la descendante directe.

Quels jeux de présages faisait-on à Samain ?

On cachait une bague dans le barmbrack, un pain aux fruits : la part à la bague annonçait un mariage dans l’année. D’autres objets donnaient d’autres présages. On tournait des pommes dans l’eau, on épluchait leur peau d’un seul ruban, et on choisissait les yeux bandés entre quatre bols pour deviner la suite.

Quel est le lien entre Samain et la Toussaint ?

Au neuvième siècle, le pape Grégoire IV et l’empereur Louis le Pieux ont fixé la fête de tous les saints au premier novembre, le jour de Samain, pour donner un cadre chrétien à une fête populaire tout en conservant ses coutumes. La Toussaint a néanmoins ses propres origines, liées au culte des martyrs. Halloween, « All Hallows’ Eve », veut dire la veille de la Toussaint.

Pourquoi est-ce que je pense davantage à mes proches disparus en automne ?

La lumière baisse, les journées se replient sur l’intérieur, les bilans et les fêtes approchent avec leurs absences. Les rêves où reviennent ceux qu’on a aimés sont aussi plus fréquents et, le plus souvent, apaisants : la personne y apparaît en paix et vient rassurer.

Comment reconnaître un signe de quelqu’un qui est parti ?

Un parfum sans raison, un objet qui réapparaît, une chanson au bon moment, une heure en miroir, un rêve très net. Ce qui distingue un signe d’un hasard, c’est le frisson d’évidence qu’il donne. La meilleure réponse est de dire merci.

Un médium peut-il faire venir une personne disparue ?

Non. Un médium spirit écoute et perçoit ce qui est déjà là, il ne convoque personne. La valeur d’un contact tient au petit détail vrai que seule la personne consultée peut reconnaître, et aux messages d’apaisement qui en ressortent.

Sources

National Museum of Ireland, Clodagh Doyle, Ghost turnips, the púca, fortune-telling and evil abductions : museum.ie

National Folklore Collection, Jonny Dillon, Irish Halloween traditions (TheJournal.ie) : thejournal.ie

Smithsonian Magazine, Halloween Owes Its Tricks and Treats to the Ancient Celtic New Year’s Eve : smithsonianmag.com

World History Encyclopedia, Histoire d’Halloween : worldhistory.org

Institut catholique de Paris, Qu’est-ce que la Toussaint en cinq questions : icp.fr

Black J., Dreams of the Deceased: Who Has Them and Why?, thèse de doctorat, Brock University : brocku.scholaris.ca

Homère, L’Odyssée, chant XXIII, domaine public.

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